Belinda

Marie Dumora

  • 2017
  • 1h47

Belinda a 9 ans. Pas du genre à se laisser impressionner. Elle aime la vie, elle aime la neige, la glace pour glisser, le foyer d’enfants où elle vit avec sa soeur. Sa soeur, elle l’aime plus encore.On les sépare. Alors les fugues, les marches la nuit dans la forêt pour la retrouver. Belinda a 15 ans. Pas du genre à vouloir travailler dans un magasin de chaussures. En mécanique à la rigueur. Elle vit chez sa mère et va devenir la marraine de Nicolas, le fils de sa soeur. Belinda a 23 ans. Elle vit chez Frantz, son père. Elle aime toujours les robes, les chaussures à talons, les chignons portés haut. Mais plus encore elle aime Thierry, ses yeux bleus et son accent des Vosges. Elle veut se marier pour n’en être jamais séparée. Coûte que coûte.

La cinéaste Marie Dumora a filmé une famille yéniche sur une durée de quinze ans. Belinda est le portrait d’une jeune femme saisie à 9, 15 et 23 ans, les trois âges d’une icône combative et cabossée pour un objet à la fois brut et romanesque.

«Truffaut avait filmé Léaud-Doinel dans un arc allant de l’enfance à l’âge adulte. Marie Dumora a entrepris une démarche similaire, mais en partant de la réalité brute et brutale d’une famille yéniche (une branche du grand arbre tzigane) de l’Est de la France. Au début du film, Belinda a 9 ans et elle est séparé de sa soeur chérie : l’une est placée dans un foyer, l’autre dans une famille d’accueil. Elles se retrouvent à 15 ans sous le même toit familial (un HLM encombré) pour fêter le baptême d’un neveu. Cette fois, c’est le père incarcéré qui manque. Puis à 23 ans, Belinda est encore victime d’un arrachement affectif : c’est au tour de son amoureux d’être emprisonné. Malgré ces diverses ruptures qui en auraient abattu plus d’un, Belinda conserve tout au long des années et des épreuves un inextinguible appétit de vivre, une faconde dépenaillée, des rêves d’avenir. Elle change aussi, de coiffure, de style vestimentaire, de distance de regard sur l’existence. Belinda est un très émouvant et puissant portrait de femme évolutif, sculpté dans le minerai ingrat de la condition prolétaire pour en ramener des pépites d’humanité, de courage et de désir de vivre.» (Les Inrockuptibles)

Ce film est soutenu par l’ACID (Association du Cinéma Indépendant pour sa
Diffusion)